« Il n’y avait pas d’accord avec Chelsea » : Scuro raconte la dernière journée totalement folle du mercato

L’AS Monaco n’a pas rempli ses objectifs de vente dans ce mercato estival, avec notamment les faux départs de Folarin Balogun vers Everton et de Lamine Camara à Chelsea. Les dernières heures de la journée de mardi ont été particulièrement agitées et suscité beaucoup d’incompréhension et de critiques, en particulier outre-Manche. En conférence de presse, mercredi, Thiago Scuro est venu s’expliquer et a déroulé le fil des événements pendant de longues minutes.

« Concernant Lamine Camara, plusieurs clubs nous ont contactés cet été, a-t-il commencé. Notre discours a toujours été le même : notre priorité est qu’il reste. Hier (mardi) matin encore, après la séance d’entraînement, nous avons eu une conversation avec lui. Il a lui-même exprimé son envie de rester, en précisant qu’il était heureux au sein du club et qu’il s’y était bien adapté. Au cours de la journée, nous sommes parvenus à un accord clair pour le départ de Balogun à Everton. Balogun s’est envolé le matin même pour passer sa visite médicale et signer son contrat. »

Mais le Brésilien a dû faire face à un pressing intense de Chelsea pour son Sénégalais de 22 ans : « Ce qui s’est passé, c’est que Chelsea n’a cessé de tester le terrain et de tenter sa chance. Je suis en discussion avec eux depuis dix jours. Hier, vers 16 heures, nous avons reçu un appel de Chelsea. « Nous avons vendu un joueur (Enzo Fernandez) à ce poste. Affaire conclue. Y a-t-il une possibilité que Monaco soit disposé à vendre Lamine ? » La réponse était la même. « Non, ce n’est pas le cas. » À ce moment-là, à 16 heures, Balogun était à Liverpool pour passer sa visite médicale. Tout se passait plutôt bien. »

Chelsea est revenu à la charge après les premières rumeurs sur la visite médicale ratée de Balogun

Mais les choses ont commencé à prendre une tournure plus inquiétante en début de soirée : « Vers 19 h, nous avons été contactés par Everton, qui a soulevé des questions concernant la visite médicale de Balogun, ce qui, pour notre équipe médicale et pour celle du joueur, n’avait absolument aucun sens. Les explications fournies n’étaient pas suffisantes pour justifier ces inquiétudes ni pour faire craindre quoi que ce soit quant à l’avenir du joueur. Une discussion s’est alors engagée entre les services médicaux des deux clubs. Il a fallu environ deux à trois heures à Everton pour approfondir l’évaluation et consulter d’autres médecins. C’est une situation normale lorsque le médecin du club soulève des inquiétudes. »

Mais l’information comme quoi Balogun avait raté ses tests médicaux s’est répandue comme une traînée de poudre et n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd : « Et là, bien sûr, Chelsea a saisi l’occasion. « Monaco a besoin d’argent. Balogun est en mauvaise posture. Tentons le coup. » Et c’est le jeu, il n’y a aucun problème. Chelsea nous appelle pour apporter une solution, et à ce moment-là, nous avons dû ouvrir la porte à la discussion. Il était presque 20 heures. Nous avons entamé les négociations avec Chelsea pour Lamine. J’ai informé le joueur directement moi-même, son agent, comme nous le faisons toujours, en toute transparence. »

Scuro dément avoir un accord avec Chelsea et n’apprécie pas que Monaco soit la cible des critiques

Sauf que dans le même temps, Everton est finalement revenu sur son premier diagnostic des tests de Balogun : « En parallèle, les examens médicaux se poursuivaient avec Balogun. Et ce qui s’est passé, c’est qu’aux alentours de 10 heures, heure locale, peut-être un peu plus tôt, Everton s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de problème. Nous sommes prêts à le faire. Signons le contrat. Dès que nous avons reçu cette information, oui, nous sommes revenus vers Chelsea et avons dit : « D’accord, nous avons conclu notre accord. » Il n’y a pas d’accord concernant Lamine. Ça fait partie du jeu. »

Le Brésilien digère assez mal le fait que l’ASM, et lui par la même occasion, soient cloués au pilori à cause de ces rebondissements ahurissants : « Il n’y a aucune raison pour que ce genre de discussions, qui sont dynamiques le dernier jour du mercato et alors que nous essayons de trouver des solutions avec le temps qui presse, nous présentent comme les « méchants » de l’histoire. Que Monaco soit injuste. Que Monaco ait tort. Tout le monde est très honnête et sympathique dans le monde du football, sauf Monaco. C’est vraiment exagéré. Voilà donc comment les choses se sont passées. »

Avant d’aborder l’épilogue : « Nous avons de nouveau informé tout le monde qu’il n’y avait pas d’accord avec Chelsea. Nous avons avancé. La Premier League dispose d’un mécanisme permettant de demander une heure supplémentaire pour finaliser les formalités administratives. C’est ce qui a été fait. Il restait cinq minutes avant la clôture du mercato pour que nous puissions finaliser toutes les formalités entre Monaco, Everton et Balogun. J’ai signé le contrat. Everton aussi. Au dernier moment, le joueur a décidé de ne pas signer. Il ne se sentait pas à l’aise vu la façon dont Everton l’avait traité, vu la façon dont le service médical d’Everton a semé le doute sur son avenir ou sa santé. Il n’a aucun problème et ne se sentait pas à l’aise à l’idée de signer un contrat à long terme ici. Et c’est ainsi que s’est terminée notre période de transfert. »

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