Dier, en attendant de meilleurs lendemains

Arrivé libre cet été à l’AS Monaco en provenance du Bayern Munich, Eric Dier n’a pas du tout donné satisfaction sur ses premiers mois sur le Rocher et peine à retrouver son meilleur niveau.

Au premier jour d’octobre, l’AS Monaco recevait Manchester City (2-2). Une rencontre éprouvante pour les Monégasques mais avec malgré tout une fin heureuse. Dans le rôle du « héros », Eric Dier, buteur sur pénalty dans les dernières minutes de la rencontre afin de remettre les deux équipes à égalité. Ce soir-là, la recrue monégasque avait pris ses responsabilités et s’était fait justice elle-même, dans un exercice qui ne réussit pas à tout le monde au club. L’international anglais aux 49 sélections avait alors pris un peu de lumière, lui qui n’a que trop rarement brillé depuis le début de son aventure en Principauté.

À l’exception de la première levée en Championnat contre Le Havre, où il avait marqué et été dominateur dans le jeu, le natif de Cheltenham a affiché un niveau de jeu franchement inquiétant, avec, en point d’orgue, sa prestation contre Lorient et son implication sur les trois buts adverses. Trop lent et souvent dépassé par ses adversaires, Dier apparaît fréquemment en difficulté lorsqu’il est sur le terrain et on peut craindre le pire face à un Real Madrid qui compte des individualités à la fois techniques et véloces, comme l’ancien Monégasque Kylian Mbappé.

« C’est lui qui doit aider l’équipe, c’est donnant-donnant »

Sébastien Pocognoli, à propos d’Eric Dier

Face à une armada aussi complète que celle madrilène, le soldat Dier ne pourra pas s’interposer seul. Sa présence sur le terrain aurait pu être questionnée mais faute de combattants, avec Mohammed Salisu et Christian Mawissa blessés et Wout Faes non qualifié, Sébastien Pocognoli n’aura pas d’autre choix que de l’aligner au coup d’envoi à Bernabeu. Pour le Belge, la réponse sera forcément collective, à l’image de celle apportée par Adi Hütter contre City : « Ce n’est pas comment on aide quelqu’un en particulier sur le terrain, c’est collectivement comment on fait pour aider Thilo, nos attaquants, notre gardien, etc… Et pour ça, il y a deux manières : soit on repousse le danger le plus haut possible sur le terrain, soit on l’attend plus bas et on le gère plus bas. On verra demain (mardi). »

Avant de répondre sur le volet collectif, l’entraîneur de l’AS Monaco avait pourtant lâché une phrase lourde de sens : « C’est lui qui doit aider l’équipe, c’est donnant-donnant ». Car pour l’instant, ni Dier ni l’équipe ne se sont mutuellement rendu service. Et ce, même si le premier donne de la voix et tente de guider ses partenaires par la parole : « Ce qui est certain, c’est qu’il faudra être collectivement forts pour s’entraider, utiliser sa voix car la communication est importante, et réduire les espaces », a argumenté Pocognoli. En plus de vouloir montrer l’exemple, comme lorsqu’il réunit ses coéquipiers à diverses occasions hors du terrain afin de créer du lien.

« On a dû sauter beaucoup d’étapes pour le remettre sur le terrain »

Sébastien Pocognoli, à propos du retour de blessure de Dier

Mais la lecture de la saison du joueur formé au Sporting Portugal et son manque de performance peut aussi être nuancée par ses blessures. Attendu comme un taulier, un rôle qu’il prend réellement à cœur, il n’a joué que dix matches. Rarement blessé lors des années passées, l’ancien joueur de Tottenham a été lui aussi victime des protocoles bancals qui n’ont pas épargné grand monde dans le groupe depuis le début de saison. Touché aux ischio-jambiers mi-octobre, juste avant les débuts de Pocognoli, il avait été ensuite blessé à un mollet un mois plus tard. Et après un heureux événement, Dier n’est revenu aux affaires que mi-janvier.

« On a dû le remettre rapidement sur terrains avec les absences. Dans un monde parfait, il y a un processus de reprise pour les joueurs blessés et on a dû sauter beaucoup d’étapes. Ceci explique certaines errances pendant le match (de Lorient, NDLR), a justifié son entraîneur. Mais il est important pour nous à l’entraînement et s’il revient avec des prestations constantes et sobres, alors on aura un très bon joueur. » Face au Real Madrid, Thilo Kehrer sera à ses côtés et lui aussi devra apporter son écot : « Je ne suis pas inquiet pour lui. On doit l’aider. Il est expérimenté et va élever son niveau. » Pour que Dier soit moins pire que demain.

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