À l’assaut du champion

L’AS Monaco reçoit le Paris Saint-Germain, ce mardi soir, en barrage aller de la Ligue des champions. Si le tirage n’était pas celui espéré par les Monégasques, qui pouvaient aussi tomber sur Newcastle, ce sera la première fois qu’ils affronteront en C1 le champion en titre. Un sacré défi.

Par le passé, on a déjà vu l’AS Monaco se faire sortir par le futur champion d’Europe. On n’évoquera pas la finale de 2004, où l’équipe de la Principauté avait tutoyé son rêve en même temps que les étoiles, avant de se faire brutalement ramener sur la terre ferme par Porto. On parlera plus volontiers de 1963, d’autant que rares sont ceux qui l’ont vécu, où pour leur seconde participation en Coupe d’Europe, les Monégasques avaient lutté vaillamment contre l’Inter Milan d’Helenio Herrera (0-1, 1-3). Trente ans plus tard, en 1994, c’est contre l’autre club de Milan, celui révolutionnaire d’Arrigo Sacchi, que les Rouge et Blanc rendaient les armes, en demi-finale de C1 (0-3).

Ces deux équipes ont beaucoup apporté au football au point de vue tactique avant d’aller conquérir le titre suprême à l’échelle continentale, tout comme le Paris Saint-Germain de Luis Enrique l’an passé. Et au même stade de la compétition, l’ASM aurait pu se trouver sur la route des Parisiens. C’était finalement Brest qui était tombé dessus, éparpillé façon puzzle sur les deux matches (0-10) avec une violence froide et chirurgicale, pendant que les Monégasques subissaient une nouvelle désillusion contre Benfica. Si la leçon et l’expérience de Benfica seront sans doute utiles aux Monégasques, l’exemple brestois pourra aussi donner des idées de ce qu’il ne faut pas faire face au PSG.

Ne pas hypothéquer ses chances dès l’aller

Le club parisien avait aussi pris son rythme de croisière en début d’année 2025, mais ce n’est pas tout à fait le cas en 2026, battu trois fois en un mois et demi, par le Paris FC (0-1), le Sporting Portugal (1-2), et Rennes (1-3) le week-end dernier. Le PSG reste une équipe au-dessus du lot, redoutable, comme lorsqu’elle a infligé une manita à l’OM il y a dix jours, mais elle donne le sentiment d’être prenable. Les joueurs de Sébastien Pocognoli ont d’ailleurs été capables de la battre en fin d’année dernière (1-0, le 29 novembre), ce qui peut pousser à un peu plus d’optimisme dans les rangs asémistes. La recette utilisée par le technicien belge avait été audacieuse, avec un pressing tout-terrain étouffant, et il en avait résulté une prestation aboutie et convaincante, malgré des maladresses devant le but.

On ne sait pas si l’ancien entraîneur de l’Union Saint-Gilloise adoptera une approche aussi peu frileuse que lors de cette victoire automnale, mais on peut le penser puisqu’il n’a toujours pas l’air de regretter ses choix offensifs de Madrid, malgré la claque reçue ce soir-là (1-6). Sauf que cette rencontre n’aura rien à voir avec celle du Championnat, surtout qu’elle se jouera en deux manches : « Il y a beaucoup d’histoires en Ligue des champions où on fait le grand pas le premier match, et le deuxième pas au match retour ne se passe pas comme prévu, a justement souligné Pocognoli. Il restera un autre match à jouer à nous de faire en sorte qu’on ait le plus de chances. » Ça tombe bien, car c’est surtout sur la seconde manche que les exploits européens qui ont jalonné l’histoire de l’ASM ont été façonnés.

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