Prêté avec option d’achat par Leicester en janvier, Wout Faes s’est rapidement intégré du côté de l’AS Monaco, confiant sa surprise sur cet aspect. En tentant d’apporter « une énergie positive à l’entraînement », le Belge a, en quelques semaines, obtenu la confiance de son compatriote d’entraîneur, et les résultats lui donnent aussi raison, puisque l’ASM est désormais la meilleure équipe de la phase retour avec 23 points pris lors des dix derniers matches. Une nette différence par rapport au moment où Faes a rejoint le club de la Principauté. « Ce n’est pas qu’avec moi, c’est toute l’équipe, s’est exclamé le défenseur dans un entretien donné à L’Équipe. Quand je suis arrivé, on était 10es. On peut dire que c’était la crise. Il y avait peu de confiance, on le sentait. »
Malgré les résultats difficiles, l’ancien Rémois n’a jamais senti un groupe découragé : « Quand on avait de mauvais résultats, on était allés manger tous ensemble. Même là, on est restés plusieurs heures après avoir fini nos assiettes. J’ai connu des clubs où on avait mis des dîners en place et où les joueurs étaient partis alors qu’il restait encore de la nourriture ; tu ne sentais pas cette cohésion. Quand on était 10es, tout le monde faisait son travail, personne ne se cachait. C’est aussi ça qui fait qu’on a ces résultats (aujourd’hui). Parce qu’on n’a pas râlé ou fait 5 % de moins quand ça allait mal. La qualité était là, il fallait des résultats. Quand tu es joueur, tu ne vis pas pour jouer des super matches et perdre 1-0. Là-dessus, on est devenus très adultes et très efficaces. »
Et la bascule, selon lui, s’est opérée lors de la victoire sur la pelouse de Lens (3-2, le 21 février), où l’ASM a été capable de surmonter ses deux buts de retard face au leader : « Avec l’atmosphère qu’il y a dans ce stade, ç’aurait été facile de craquer et de laisser filer le score. Qu’on ait pu revenir au score, ça nous a donné un surplus mental. Là, on s’est dit : « OK, si on peut le faire chez le leader… » Lors des trois matches contre Paris, on les a vraiment mis en difficulté. On a vu qu’ils avaient gagné 8-2 au total contre Chelsea. Contre nous, c’était à touche-touche et on a gagné le troisième match (3-1, le 6 mars). Mais les rencontres les plus difficiles, ce sont les Brest, les Angers. Et on a aussi su faire le boulot. C’est sur celles-là qu’on est devenus adultes. »
Mais cela tient aussi en grande partie de l’entraîneur Sébastien Pocognoli. On aurait pu le penser en difficulté fin janvier, après une lourde défaite à Madrid (1-6, le 20 janvier) mais le Belge a gardé le cap tactiquement : « Quand on va chercher un adversaire, on sent que c’est vraiment structuré, tout le monde sait quoi faire, tout le monde pense à la même chose en même temps, a témoigné Faes. Ça nous donne beaucoup de force. » Et surtout, il diffuse son énergie : « Le coach est très exigeant, il est très fort sur les détails, il s’évertue à garder le groupe en éveil – pour certains c’est peut-être même un peu trop. Il ne permet à personne de se relâcher. Une fois, on avait demandé un jour off supplémentaire : il nous l’avait refusé. Mais on sait pourquoi on fait tout ça. »
