On dit que toutes les séries ont une fin et celle de l’AS Monaco s’est achevée de façon retentissante, dans l’ambiance feutrée du stade Jean-Bouin. À l’issue d’une rencontre ratée dans les grandes largeurs, le club de la Principauté a chuté pour la seconde fois de la saison contre le Paris FC, nouvelle bête noir des Monégasques.
On se demandait qui allait stopper l’AS Monaco dans cette folle remontée engagée depuis le mois de février. Dernièrement, ni Lyon ni Marseille n’avaient réussi à arrêter les joueurs de Sébastien Pocognoli et la réponse est venue du promu parisien. Déjà vainqueure de l’ASM à l’aller (0-1, le 1er novembre) dans un match insipide, l’équipe entraînée par Antoine Kombouaré, elle aussi sur une série d’invincibilité désormais portée à sept rencontres, a tendu un bien vilain piège aux Monégasques. L’entraîneur kanak avait annoncé que cette équipe de l’ASM avait des faiblesses, qu’elle permettait à ses adversaires de se créer des occasions, et les Parisiens ont été efficaces dès l’entame. Une entame où les Rouge et Blanc ont enchaîné les interventions hasardeuses en défense et ont été menés très vite au score. Après trois minutes, un contre éclair du PFC a mis en lumière les carences défensives des joueurs du Rocher, Ikoné trompant Lukas Hradecky sur une action d’école (3e).
Si l’ASM a vite remis le pied sur le ballon, tentant de contrôler le tempo de la rencontre, elle a été en revanche bien incapable de gérer la profondeur et ses adversaires du soir s’en sont donné à cœur joie. Quelques minutes seulement ont suffi à Immobile pour faire le break (8e), sur une situation qui ressemblait un peu trop à la première. Et l’écart aurait pu rapidement se creuser si Maxime Lopez n’avait pas buté sur Hradecky, gâchant une énorme occasion (14e). Ce n’était que partie remise pour les Parisiens face à une défense de l’ASM qui a enchaîné les approximations. Et les largesses défensives n’ont pas été résolues lorsque l’ASM a tenté de se rapprocher du but adverse. Alors qu’elle venait d’obtenir deux occasions par Adingra et Fati (20e, 21e), repoussées par Trapp, les Parisiens ont de nouveau opéré en contre, cette fois avec réussite pour inscrire le troisième but (21e), Ikoné s’offrant un doublé.
Sans se décourager, les joueurs de Sébastien Pocognoli sont repartis à l’abordage, réussissant même à trouver de nombreux décalages et à se retrouver dans la surface parisienne. Mais aux maladresses défensives se sont ajoutées celles des attaquants, qui ont soit buté sur Trapp, soit manqué le cadre, comme Balogun (34e). L’attaquant américain a inscrit le but de la révolte sur un excellent travail d’Aladji Bamba juste après son échec quelques minutes plus tôt (36e). Mais celui-ci n’a pas été suivi d’effets. Ragaillardie, l’ASM a poussé et Fati raté une grosse occasion devant Trapp (45e+2).
Les changements opérés à la pause par Pocognoli n’ont pas eu l’effet escompté. En réalité, ils n’en ont eu aucun, et le retour au milieu de terrain de Denis Zakaria n’a pas impulsé le mouvement vers l’avant nécessaire pour perturber la formation parisienne. Alors qu’il aurait fallu mettre sur le reculoir son adversaire, l’ASM a eu toutes les peines du monde à trouver cette fois les décalages et à mettre de la vitesse dans ses enchaînements, surtout dans la zone de vérité et dans les trente derniers mètres. Incapable de revenir et réduire l’écart, Monaco s’est logiquement fait punir une dernière fois, comme les trois premières, par Koleosho (71e).
Il faudra désormais attendre de voir les conséquences de cette défaite dans les têtes monégasques. Si les Rouge et Blanc voient leur série stoppée net, ils vont aussi devoir rapidement se remettre sur les rails, car il reste cinq matches pour tenter d’aller chercher une qualification pour la Ligue des champions. Mais l’ASM, en jouant avant tous ses adversaires directs, vient de griller un premier joker dans ce sprint final. Il faut seulement espérer qu’il n’y ait pas d’autre trou d’air.

