Sébastien Pocognoli va laisser sa place à Filipe Luis sur le banc de l’AS Monaco. Si ce changement d’entraîneur doit apporter un renouveau sur le plan sportif, cela ne devrait pas beaucoup changer sur un point très précis dans l’aspect financier. Le Brésilien de 40 ans se retrouve dans le même cas que son prédécesseur, à savoir qu’il ne dispose pas des diplômes requis pour être entraîneur en Ligue 1. Et cela va avoir pour conséquence de faire payer des amendes importantes à l’ASM, puisque le tarif forfaitaire est de 25 000 euros par rencontre.
Si Pocognoli était en train de régulariser sa situation, puisqu’il suivait une formation pour passer son diplôme en Belgique et qu’il devait le valider en fin de saison, cela ne sera pas le cas pour Filipe Luis. L’ancien de Flamengo dispose bien d’une Licence A d’entraîneur CONMEBOL (la confédération sud-américaine de football) mais celle-ci ne lui octroie pas de facto une équivalence avec un diplôme reconnu en France. Et ce n’est pas tout de suite qu’il pourra être en règle.
Une mise en règle seulement en 2027-2028
Les accords passés en 2022 entre la CONMEBOL et l’UEFA prévoient trois années d’expérience sur un banc de touche comme entraîneur principal pour que la licence de Filipe Luis soit automatiquement reconnue comme équivalente à la licence d’entraîneur UEFA Pro – que possédait Adi Hütter notamment -, et qui est, elle, acceptée en France. En poste au Brésil entre le 30 septembre 2024 et le 3 mars 2026, l’ancien latéral de l’Atlético de Madrid a passé 519 jours sur le banc, soit 1 an, 5 mois et 3 jours, ce qui signifie qu’il devra encore diriger sa nouvelle équipe pour un peu plus d’un an et demi et ne pourra donc recevoir son précieux sésame qu’au cours de la saison 2027-2028.
Pour son désormais ex-entraîneur, l’ASM a dû dépenser 750 000 euros au total lors du précédent exercice. Pour son futur technicien, l’état-major du club du Rocher peut d’ores et déjà prévoir une enveloppe minimum de 875 000 euros correspondant aux 34 matches de Championnat plus le premier tour de la Coupe de France. Celle-ci pourrait encore gonfler si la formation asémiste venait à aller plus loin dans cette compétition. En revanche, pour la Coupe d’Europe, il n’y aura pas d’amende à prévoir.
Mais l’ASM pourrait aussi tenter de contourner ce règlement. Le club de la Principauté cherche actuellement un remplaçant à Damien Perrinelle pour intégrer le staff de Filipe Luis en tant qu’adjoint. Si celui-ci disposait d’un diplôme reconnu en L1, comme un BEPF, il pourrait servir de prête-nom et ainsi éviter l’amende. Les dirigeants monégasques avaient tenté cette manœuvre à l’occasion du match contre Toulouse, le 25 octobre, mais elle n’avait rien donné puisque Perrinelle était lui aussi en formation pour le BEPF et donc non-éligible à occuper la fonction d’entraîneur principal.
Une négociation est-elle possible ? Rien n’est moins sûr, mais la direction du club rouge et blanc aurait tort de ne pas la tenter, à l’instar du Bayer Leverkusen. Selon le journaliste de Sky Sport Allemagne, Florian Plettenberg, les dirigeants allemands avaient contacté l’UEFA pour essayer d’obtenir une dérogation mais le dossier n’a visiblement pas semblé prioritaire aux yeux de l’instance et aucune réponse n’avait encore été donnée. En agissant vite, Monaco aura plus de temps pour tenter à son tour de négocier, avec un Championnat qui ne reprendra que fin août.
