Ce dimanche, l’AS Monaco va affronter l’Olympique de Marseille pour son quatrième match de la saison. Après trois victoires en trois matches sous la nouvelle direction de Filipe Luis, les Rouge et Blanc vont vivre leur premier vrai test.
En disposant du Gornik Zabrze deux fois et du Havre, l’AS Monaco s’est épargnée les contrariétés d’un début de saison où il n’est pas évident que tout tourne parfaitement rond. Parce qu’un nouvel entraîneur a besoin de temps pour faire adhérer son groupe à sa méthode ou parce que le mercato joue avec des supporters languissant l’arrivée de sang frais tout en retardant la finalisation d’un effectif, les motifs d’un faux départ peuvent être multiples. À Monaco, tout cela n’est pas arrivé. Sous les commandes de son tout nouveau technicien, l’ASM a proprement validé sa qualification en Ligue Conférence et réussi son entrée en matière en Championnat au Havre (1-0), une équipe qui a notamment posé des problèmes à Lyon, samedi soir.
Ce début d’exercice plutôt bien maîtrisé par les Monégasques a eu le mérite de leur donner un élan avant d’entamer la pente qui va sérieusement se relever, façon ascension du Col de Joux Plane aux premiers pourcentages assassins. Les quatre prochaines semaines verront l’ASM se frotter à des rivaux directs pour l’Europe. Ce dimanche, l’Olympique de Marseille en sera l’entrée, puis cinq jours plus tard viendra le plat de résistance, avec un déplacement au Parc des Princes pour affronter le PSG. Le trou normand sera alsacien, face à Strasbourg, avant un dessert lensois pour conclure un repas bien copieux et qui aura l’avantage d’être suivi d’une longue trêve pour en faciliter la digestion. Quatre matches pour autant de tests qui permettront sûrement de répondre à la question suivante : que vaut vraiment Monaco ?
Forcément, elle brûle les lèvres de beaucoup d’observateurs et de supporters. Avec trois victoires inaugurales, toutes compétitions confondues, Filipe Luis a égalé une statistique d’Arsène Wenger, qui avait gagné ses trois premiers matches (de D1 uniquement) à l’ASM avant d’aller rafler le titre lors de la saison 1987-1988. Rien, si ce n’est l’espoir ou cet amour pas toujours raisonnable, n’autorisera à pousser la comparaison aussi loin pour l’instant. Mais la façon dont le technicien brésilien a, pour l’instant, réussi à naviguer entre les obstacles sans sourciller, redonne un certain optimisme. Avec un effectif amoindri, bancal, mais pas non plus trois bouts de ficelle, l’ancien coach de Flamengo semble avoir déjà réussi à imprégner ses joueurs de sa méthode, à les emmener avec lui.
La suite ne sera pas qu’une question de management, même si à Monaco, parfois plus qu’ailleurs, il en a souvent été question. Face à l’inertie de la Principauté et ses charmes, ses prédécesseurs ont fini par s’y casser les dents. « Il ne s’agit pas de changer les mentalités mais plus d’éduquer. Il faut parfois discuter plusieurs fois pour modifier certains comportements que j’avais vus à mon arrivée et que je n’aimais pas forcément », a révélé Filipe Luis cette semaine en conférence de presse. Comme d’autres avant lui, le Brésilien tente de façonner son effectif en profondeur et les premiers résultats semblent prometteurs. Mais c’est aussi sur la durée que la véritable réponse apparaîtra, si ses statues de sel deviendront enfin rocs ou resteront à jamais friables.

