L’AS Monaco a passé la trêve en tant que surprenant leader de Ligue 1 et va recevoir Toulouse samedi soir avec l’espoir de poursuivre sa série d’invincibilité. Pour le club de la Principauté, c’est un renouveau et il le doit en grande partie à son nouvel entraîneur, Filipe Luis. Le Brésilien, arrivé cet été, a su imposer son style et ses idées, qu’il a détaillés dans un entretien fleuve accordé au journal L’Équipe. « Je crois surtout que le principal est que les joueurs croient en une manière de jouer et s’y attachent, même quand on perd. Si vous la changez, vous risquez de perdre leur adhésion », a-t-il déclaré.
Pour l’ancien de Flamengo, il est important de poser un cadre mais de laisser beaucoup de liberté aux joueurs : « J’aime leur donner une direction à suivre, mais je n’influence jamais leurs décisions. C’est un de mes principes de coach. Je les incite à faire leurs choix, à se sentir libres avec le ballon. Ce que je souhaite, c’est qu’ils coordonnent leurs mouvements pour être efficaces. Je n’aime pas beaucoup changer les choses d’un match à l’autre parce que ça risque d’embrouiller les joueurs. Je mets juste en lumière quelques aspects spécifiques. Après, sur le terrain, ça ne dépend que d’eux. »
Mais la recette de son Monaco encore invaincu en 2026 ne semble pas uniquement se situer dans ce vent de liberté. « On cherche à presser au maximum l’adversaire pour récupérer la possession, en étant le plus agressif possible. Et, ensuite, il s’agit de maîtriser le match, de dominer avec le ballon. C’est l’idée générale. » Même si Filipe Luis voit encore des choses à améliorer : « On n’a pas encore atteint ce que je souhaite tactiquement. (…) Ici, on est encore assez loin de ce que je projette. Il va falloir un peu plus de temps, plus de joueurs, plus de changements pour voir mon équipe jouer tel que je le conçois. »
« On courra plus en novembre, en décembre. Plus et mieux, j’espère »
Filipe Luis
Le niveau d’exigence a aussi été rehaussé : « S’ils (les joueurs) se relâchent un peu, l’esprit conquérant s’arrête. (…) Je sais que j’en demande beaucoup aux joueurs. J’ai réclamé énormément d’efforts (défensifs) à Golovin sur le dernier match (contre Lens), beaucoup de courses à Idumbo et Coulibaly à Paris. » Des ajustements permettront d’optimiser ces efforts : « L’équipe peut avoir l’air fatiguée parce qu’elle ne court pas de manière parfaite. Avec les matches, les corps vont s’adapter aux efforts. Ce sera plus facile. On courra plus en novembre, en décembre. Plus et mieux, j’espère. C’est la seule manière de réaliser de grandes choses. »
Mais le technicien de 41 ans sait aussi se montrer flexible : « J’ai certaines certitudes, et je suis sûr que si on les met en place, on se rapprochera de la victoire. Il faut aussi les adapter au contexte. Ici, le niveau est extrêmement sous-coté. Il est rapide, costaud et tactique. J’ai ma philosophie, mais ça ne veut pas dire que mes équipes joueront de la même manière. Tout dépend du profil des joueurs. Ici, on n’a pas d’ailier droit et on a quatre avants-centres. On s’appuie sur un schéma (en 4-4-2) qui doit les mettre à l’aise. Mais le plan ne change pas sur la façon de défendre et d’attaquer. »
