Mamadou Coulibaly a marqué, dimanche, contre Le Mans, mais personne, ou presque, ne se rappellera de son but. D’abord parce qu’il découle d’une erreur mancelle et d’une passe en retrait bien trop puissante du défenseur Harold Voyer pour son gardien Nicolas Kocik, et que le seul mérite du milieu de terrain est surtout d’avoir bien suivi l’action pour aller prolonger le ballon dans le but adverse. Ensuite, parce qu’il n’aura pas donné la victoire à l’ASM, tenue en échec dans les dernières secondes du match et qui laisse échapper deux points bêtement, ce qui commence à devenir une habitude désagréable.
Mais surtout parce que la célébration du joueur a fini par l’occulter complètement. Comme Paris Brunner à Strasbourg (1-1, le 12 septembre), Coulibaly a mimé un égorgement en guise de célébration. Le contexte était différent et le joueur l’a fait sans hostilité et pas à l’encontre des supporters adverses, ce qui est une nuance de taille par rapport à celle de son coéquipier. Mais la sanction dont il avait écopé – quatre matches de suspension, dont deux avec sursis – laisse songeur quant à la pertinence de reproduire un tel geste.
Au micro de Ligue 1+, à la mi-temps du match, le joueur de 22 ans avait expliqué qu’un ami à lui en était à l’origine. C’est sans doute vrai mais l’excuse tient à peu près autant que du pari perdu. Mais puisque la lumière ne semble avoir brillé à tous les étages dudit « ami », on aurait pu espérer qu’elle se diffuse un peu plus chez le joueur de l’ASM, forcément alerté par l’épisode Brunner quelques semaines plus tôt. Le directeur général Thiago Scuro n’avait-il pas déclaré que le club prenait ce geste très au sérieux et que cela avait débouché sur plusieurs explications avec le joueur et sa famille ?
Défendu par Filipe Luis
Coulibaly a donc fait la chose la plus raisonnable qui soit dans ce contexte, à savoir présenter ses excuses en fin de rencontre, ayant visiblement compris que sa célébration n’était pas des plus malignes. « Je tiens à m’excuser parce que j’ai cru entendre que ça avait été mal compris, a développé l’intéressé, penaud, en zone mixte, relaté par L’Équipe. C’est un geste que j’ai fait par rapport à un ami à moi qui m’a conseillé au sujet de la célébration. Ce sont des choses qui se font dans d’autres Championnats. Je n’ai pas pensé que ça aurait des répercussions négatives. Si ça a pu heurter des gens, je tiens à m’excuser. »
Le joueur a en effet appuyé sur un point sensible du débat, comme beaucoup de supporters monégasques sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, après la suspension de Brunner. Les célébrations de Nicolas Jackson, l’attaquant d’Aston Villa, sont souvent de cette nature et elles ne sont jamais sanctionnées par la ligue anglaise. Aussi, le Parisien a rappelé qu’il n’avait pas exécuté ce geste de façon hostile envers les supporters manceaux, ce qui se tient. « En effet, je regardais mes supporters, a-t-il justifié. Je ne pense pas que je ferais quelque chose comme ça à mes supporters. »
Sitôt après le match, Coulibaly a reçu le soutien de son entraîneur Filipe Luis, en conférence de presse. « Sincèrement, je ne pense pas qu’il ait fait cela en direction des supporters (du Mans), arguait le Brésilien. On voit souvent des joueurs en Premier League reprendre des célébrations vues à la télévision. Mamadou est un très bon garçon. Je suis certain qu’il n’avait aucune mauvaise intention. » Reste à voir si la commission de discipline de la LFP, et le Comité national de l’éthique, qui avait dénoncé le geste de Brunner, seront sensibles à ces arguments.

