Le week-end qui s’est écoulé en Ligue 1 a donné lieu à de nombreux débats sur l’arbitrage et les polémiques ont été vives, que ce soit après Monaco-Lens ou Lyon-Paris SG. Thiago Scuro s’était exprimé à l’issue de la défaite monégasque pour s’indigner de la prestation de Bastien Dechepy, l’arbitre de la rencontre, mais plus globalement pour se plaindre d’un système qui ne laissait pas beaucoup de place au dialogue. Dans L’Équipe, le directeur général de l’ASM a voulu approfondir sa réflexion, non sans reconnaître que protester juste à la fin des matches n’était « pas le bon moment, car tout le monde est encore dans l’émotion. »
Mais en préambule, le Brésilien s’est montré clair : l’AS Monaco ne cherche ni polémique ni posture, mais davantage de dialogue. « Il n’y a rien de personnel et on ne le fait pas pour se plaindre des décisions qui concernent Monaco, a-t-il expliqué au quotidien. L’arbitrage occupe un rôle important dans le foot et, de mon point de vue, il devrait y avoir plus d’échanges, d’occasions de trouver des solutions ensemble quand le contexte l’impose et d’aider l’arbitrage à progresser. »
Monaco a envoyé un courrier à la FFF
Scuro regrette un système encore trop opaque : « Je trouve l’état d’esprit général trop fermé sur lui-même, trop porté sur la protection de l’arbitrage. Les erreurs existeront toujours. Mais il devrait y avoir un peu plus de clarté, notamment sur les consignes données aux arbitres. Ce n’est pas toujours facile de comprendre les décisions, ni de savoir sur quels critères elles s’appuient, puisqu’elles peuvent être différentes sur des situations similaires. L’utilisation de la vidéo devrait servir à protéger les arbitres centraux, et on a pu voir plusieurs fois des cas où elle a apporté plus de confusion que de solutions. »
Lorsqu’il a été demandé au dirigeant monégasque si des propositions avaient été formulées pour faire avancer les choses, Scuro a tenu à rappeler que ce n’était ni son rôle, ni celui du club : « L’ASM n’a pas vocation à servir de guide sur le sujet. (…) On ne cherche vraiment pas à créer un mouvement. Ce sont juste nos réflexions. » Mais un courrier a été envoyé à la Fédération française de football : « Nous voulons juste encourager la Fédération à accorder plus d’attention à l’arbitrage, l’inviter à davantage écouter les clubs, les coaches, les joueurs. Ils connaissent les règles, ils savent comment jouer le jeu, mieux que quiconque. Plus nous arrivons à rapprocher les arbitres des clubs, des acteurs, plus ce sera facile de se comprendre. »
L’expulsion de Kehrer à Lorient a été reconnue comme une erreur
Ce n’est pas la première fois que les dirigeants monégasques agissent de la sorte. En janvier 2024, au sortir d’une rencontre face à l’Olympique de Marseille, le club de la Principauté avait déjà envoyé un courrier à la Direction technique de l’arbitrage. Plus récemment, en novembre 2024, les Monégasques s’étaient plaints à l’UEFA du simulacre d’arbitrage après Benfica. Thiago Scuro a aussi expliqué comment fonctionnait l’ASM au lendemain d’un arbitrage qu’elle estimait défaillant.
« Ce que nous faisons, chaque fois qu’il y a des choses à dire, c’est préparer des rapports, que nous envoyons à la commission. Parfois, elle nous répond, parfois non. Après le match contre le Paris FC, nous pensions que le VAR aurait dû intervenir (sur un coup de coude subi par Krépin Diatta). Nous n’avons pas eu de réponse. Dans d’autres situations, on en a eu, comme sur l’expulsion de Thilo Kehrer contre Lorient. Ils étaient d’accord que c’était une erreur. »
