En pleine zone de turbulences

L’AS Monaco a concédé un nul rageant à Paphos (2-2), mercredi, en Ligue des champions et après deux lourdes défaites en Ligue 1, elle doit à tout prix se relancer. Mais pas sûr que la réception du PSG le permette.

Mohammed Salisu n’était pas ravi à l’issue du match contre Paphos, mercredi. Le défenseur central venait de recevoir le trophée d’homme du match de la part de l’UEFA mais auparavant, il avait surtout envoyé involontairement le ballon dans ses propres filets, enlevant à son équipe la possibilité de ramener trois points pourtant capitaux de son voyage chypriote. En zone mixte, le Ghanéen semblait en avoir gros sur le cœur et il n’a fallu que quelques mots pour mettre le feu aux poudres. « Nous avons besoin d’avoir des joueurs qui ont la bonne mentalité. (…) Parce qu’en défense, ça se passe bien. On court, on s’aide les uns les autres mais devant, ce n’est pas le cas. ». Difficile de savoir qui Salisu visait dans sa déclaration mais elle traduit un certain malaise qui s’installe dans le vestiaire, aussi faute de résultats.

Celui-ci a été confirmé en conférence de presse par le nouveau gardien Lukas Hradecky, qui doit bien se demander dans quel bourbier il est venu se ficher cet été, après avoir quitté le Bayer Leverkusen :« J’ai aussi entendu ce que Mohammed Salisu a exprimé, et même s’il l’a fait de manière maladroite, je vois du positif là-dedans. Les mots n’étaient pas forcément appropriés mais sa réaction montre bien qu’il avait envie de gagner. » Une sortie qui montre que les choses sont loin d’être aussi positives que présentées, le Finlandais ayant d’ailleurs reconnu une discussion dans le vestiaire à l’issue du match.

Arrivé pour résoudre un problème sur lequel de nombreux techniciens monégasques se sont cassés les dents ces dernières années, Sébastien Pocognoli n’a pas changé grand-chose. Force est de constater que la dynamique ne s’est pas inversée et ni les résultats, ni le jeu ne se sont améliorés depuis que le Belge a pris place sur le banc de touche. Et surtout, il ne semble pas avoir uni un groupe qui ne tirait déjà plus dans le même sens sous Adi Hütter. Pourtant, l’ancien manager de l’Union Saint-Gilloise s’accroche pour essayer de redresser la barre, mais sur d’autres points, il semble déjà résigné.

Il y a quelques semaines, il avait indiqué vouloir faire de Maghnes Akliouche un leader par la voix, idée déjà remisée au placard : « Il ne sera jamais un leader vocal, c’est son tempérament. » Le discours paraissait saugrenu à l’époque pour les suiveurs du club, qui connaissent le caractère introverti de l’international français. Il démontrait soit un excès d’optimisme de la part de Pocognoli, au mieux, soit une méconnaissance de son groupe, ce qui est bien naturel quand on arrive. Mais ce rétropédalage est un désaveu terrible et un symbole de ses difficultés à prendre la main sur son vestiaire. « Certains leaders émergent mais il en faudrait plus », a-t-il regretté ensuite.

Le Belge pourra au moins compter sur le leadership technique d’Akliouche sur le terrain. Le milieu offensif de 23 ans peut décevoir ou ne pas se montrer toujours à la hauteur de son nouveau statut d’international, mais il est bien souvent le seul à apporter la lumière dans cette équipe, comme à Limassol, mercredi. Ce n’est pas le cas de Denis Zakaria. Le capitaine monégasque est suspendu contre Paris et on est tenté de penser que cette absence pèsera lourd. Mais le Suisse est tellement à côté de ses pompes depuis le début de la saison, y compris depuis les deux titularisations qui ont suivi son retour de blessure, qu’il est permis d’en douter. Le doute c’est sans doute ce qui habite l’ASM en ce moment et la venue du champion de France en Principauté risque de ne rien arranger.