Ben Yedder : « Joker de luxe, ça ne me plaisait pas du tout »

Wissam Ben Yedder a eu droit à une double-page dans l’édition du jour de L’Équipe. Il a notamment pu revenir sur sa saison avec l’AS Monaco, achevée en troisième position après une remontée spectaculaire : « *Ça a été un peu la folie. Quand on voit le début de saison, notamment avec l’élimination contre Donetsk, le changement de coach, tout ça, c’était inespéré. Quand on refait le film de la saison, on ne voyait pas l’issue et tout d’un coup, tac, on arrive à être costauds, à être résilients.* » En tant que capitaine, Ben Yedder a lui aussi essayé de créer un déclic : « *Je savais qu’on avait de la qualité dans ce groupe, mais je trouvais qu’on était ailleurs. On était sur le terrain sans y être. On était sur d’autres débats… Avant le match contre Marseille, j’avais invité tout le monde au restaurant parce que je pensais vraiment qu’on avait besoin de se retrouver. Il fallait trouver les ressources pour que la dynamique change. Pour faire réagir, créer quelque chose. Le moment où ça bascule, c’est Paris.* »

L’arrivée de Philippe Clement a aussi eu un impact, notamment par son approche humaine et dans sa volonté de créer une famille : « *Il est important. C’est quelqu’un qui a tissé un lien humain. Dix matches avant la fin du Championnat, il nous a posé clairement la question :* « C’est quoi le problème ? » « Qu’est-ce que vous ressentez, en fait ? » *Il s’est adressé à nous individuellement, ensuite. Il m’a demandé de faire plus. Ça m’a surpris parce que je n’avais pas la sensation d’en garder, mais je comprenais, il voulait que j’entraîne encore plus l’équipe vers le haut. Le lendemain, je suis allé le voir pour lui dire :* « Je vous promets que je vais tout faire. » » D’autres joueurs en ont également bénéficié : « *Il nous a donné confiance collectivement. Mais aussi à certains joueurs. Quelqu’un comme Fofana a été hyper important, par exemple. Golovine aussi a été influent. Ça a forcément des conséquences sur le temps de jeu d’autres. Mais on est restés dans l’esprit. Il a créé quelque chose de fort.* »

Pour autant, pas question pour le capitaine asémiste de polémiquer sur Niko Kovac, avec lequel il a dû ravaler plus d’une fois sa frustration : « *Je sais qu’on attend que je le critique. Kovac a été un bon entraîneur, je n’ai pas de problème avec lui. Il a fait ses choix. Je me suis toujours adapté. Après, et il faut le dire aussi, à une période, on était en difficulté. On n’arrivait pas à sortir de cette spirale. La direction, l’institution a pris ses responsabilités.* » Et si Wissam Ben Yedder est le meilleur buteur de Ligue 1 en sortie de banc cette saison, c’est une distinction dont il aurait bien voulu se passer : « *Je voulais forcément jouer plus, je n’aimais pas ce rôle de remplaçant. Quand j’entendais « Ben Yedder, joker de luxe », ça ne me plaisait pas du tout. (Sourire.) Mais je ne suis pas quelqu’un qui va à la confrontation, parler aux dirigeants. Je me concentrais sur moi. J’étais rempli de rage quand je sortais, mais parce que je suis passionné de foot. Je ne l’ai jamais perçu comme quelque chose de personnel avec Kovac.* »

D’un point de vue individuel, Ben Yedder a plus que jamais affolé les compteurs cette saison, intégrant le top 10 des meilleurs buteurs de l’AS Monaco, ce qui ne lui déplait pas : « *Ce qui est important pour moi, c’est de laisser une trace avec le nombre de buts en carrière, par exemple. Et si je peux laisser à la fin de ma carrière l’image d’un beau joueur, ce serait bien aussi. (Sourire.)* » Il est notamment orgueilleux d’avoir su se montrer aussi redoutable malgré les éléments contraires : « *Vu le scénario, ça a été une saison difficile, j’arrive encore à faire basculer mon année, c’est une vraie fierté. Bien sûr que ça va être de plus en plus compliqué de hisser mon niveau, mais j’essaie de travailler pour arriver à la meilleure version de moi-même. (…) Ce que je peux vous dire, par contre, c’est que chaque jour, je me sens de plus en plus fort.* » L’ASM aura-t-elle l’occasion de le voir encore meilleur ? Rien n’est moins sûr, et Ben Yedder ne ferme pas la porte à un départ : « *Actuellement, je suis à Monaco, qui est un grand club d’Europe. Ça se passe très bien. L’avenir, on verra bien (il est sous contrat jusqu’en 2024). Forcément, on y réfléchit parce que, comme je vous le disais, je suis toujours dans une volonté de progresser.* »

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