« Un virevoltant et un autre dans l’impact » : comment Pocognoli choisit ses pistons

Au moment de l’arrivée de Simon Adingra, Sébastien Pocognoli avait salué sa polyvalence, même si en parlant d’un « joueur intéressant et fonctionnel », on avait déjà lu champ lexical plus flatteur. Mais le Belge n’est pas un homme de lettres. C’est un homme de terrain et son champ d’action se situe près du tableau noir, où il peut mettre au point ses préceptes qui s’appliqueront au rectangle vert. Ainsi, il n’a pas traîné pour mettre l’Ivoirien à l’épreuve. Présenté comme un profil offensif, plutôt ailier, le joueur prêté par Sunderland a été positionné comme piston sur le côté gauche pour son deuxième match en Rouge et Blanc, face à Nice, samedi dernier, dans un rôle donc hybride, entre l’attaque et la défense.

Adingra doit encore « s’adapter au contexte, à ses coéquipiers », dixit son entraîneur, mais pas nécessairement à cette position, qui n’a rien de nouveau le concernant : « Simon a déjà joué dans ce schéma-là à plusieurs reprises dans sa carrière et il l’a très bien fait », a justifié le technicien monégasque. Cela ne s’est pas trop vu, à l’Allianz Riviera, mais cela n’était pas tant dû à des approximations tactiques que techniques. « Cela n’a pas toujours été parfait contre Nice, mais il a essayé », a défendu son entraîneur, qui a reconnu ne pas avoir vu « la meilleure palette » d’Adingra sur ce match. S’il est vrai qu’il a montré de l’envie, notamment en début de rencontre, le jeu du champion d’Afrique s’est assez vite révélé brouillon et c’est une chose qu’il devra corriger.

Mais avec beaucoup de courses intérieures, on a aussi vu par bribes ce qu’il était en mesure d’apporter : « de la vitesse, plus de profondeur et de la percussion en un contre un », a détaillé Pocognoli. Si rien ne laisse supposer qu’il va être fixé à ce poste, et ainsi potentiellement suivre une trajectoire à la Krépin Diatta, l’entraîneur monégasque semble en tout cas en faire un joueur capable de venir concurrencer Caio Henrique, alors que Kassoum Ouattara est blessé à un mollet et risque de manquer encore plusieurs semaines de compétition.

Car de son côté, si le Brésilien alterne depuis trop longtemps les performances en dents de scie, il continue de faire preuve d’une remarquable régularité lorsqu’il s’agit de ne plus réussir à être décisif. Déjà en baisse au niveau des statistiques la saison passée, avec six passes décisives en 38 matches, il n’en compte aucune cette année en 27 rencontres disputées. Et à entendre l’ancien entraîneur de l’Union Saint-Gilloise, le deuxième joueur le plus ancien de l’effectif ne semble pas tout à fait convaincre : « Il doit encore s’adapter à ce nouveau rôle de piston gauche qui demande un gros volume », a-t-il indiqué, tout en souhaitant le voir « apporter plus offensivement » et redevenir décisif.

Pour ce qui est de choisir ses pistons, Pocognoli a en tout cas une idée très précise en tête et le choix sur l’un des côtés est complémentaire de l’autre. Pas question d’aligner des profils identiques dans les deux couloirs : « Pour moi dans le schéma à trois derrière, il faut un joueur virevoltant d’un côté en piston, et un autre plus solide défensivement ou dans l’impact physique de l’autre côté, comme celui de Krépin (Diatta), plus robuste et athlétique. C’est un équilibre à trouver. » Et c’est mieux s’il a le choix.

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