L’heure des créateurs

Ce vendredi, l’AS Monaco va défier le Paris Saint-Germain pour la troisième fois en moins de vingt jours. Si le club de la Principauté a fait bonne figure lors de chacune de ses rencontres, il a surtout affiché un visage conquérant dans son pressing et une bonne structure. Cette dernière est indispensable pour Sébastien Pocognoli, et le sera d’autant plus pour essayer de museler au maximum les individualités parisiennes.

Mais elle doit aussi permettre de révéler celles monégasques et les joueurs créatifs de l’effectif. « Pour ces joueurs, il y a une discipline de base à avoir, même si j’essaye d’avoir une structure avec le ballon qui leur permet d’être libres dans le dernier tiers », indiquait en conférence de presse l’entraîneur monégasque. Tour d’horizon de ceux qui pourraient faire pencher la balance contre le PSG.

Maghnes Akliouche, un sprint final décisif

Les enjeux en cette fin de saison sont nombreux pour Maghnes Akliouche. Cet été, le joueur formé au club sera plus que jamais sur le départ et les prochaines semaines seront importantes pour les impressions qu’il laissera sur le Rocher et qui pourront éventuellement convaincre de potentiels clubs acheteurs. Mais l’international français devra aussi convaincre Didier Deschamps de l’emmener avec lui à la Coupe du monde et la prochaine liste des Bleus, dans le courant du mois, donnera des indications précises sur sa place dans la hiérarchie.

Car sur les derniers mois, c’est surtout un sentiment de déception qui prédomine à l’égard du milieu offensif qui vient de fêter ses 24 ans et qui doit gagner en constance pour se comporter comme le véritable leader technique de cette équipe. Comme il l’avait été il y a deux semaines déjà au Parc des Princes, un match qui doit lui servir de référence pour cette fin de saison. « Je pense qu’il était prêt à rendre service à l’équipe, avait alors dit Pocognoli après le barrage retour. On sait que ce genre de matches est pour lui, et qu’il a envie de le montrer et d’être décisif. » Il a été mis au repos contre Angers la semaine passée, lui qui a été le joueur le plus utilisé de l’effectif cette saison (2682 minutes), et il va devoir profiter de cette fraîcheur pour faire des différences.

Aleksandr Golovin doit se faire pardonner

S’il est le joueur le plus ancien de l’effectif (présent depuis 2018), il ne donne pas toujours le sentiment d’être un cadre qui s’assume pleinement. Et il a d’ailleurs été chahuté par certains coéquipiers dans le vestiaire, comme Jordan Teze, lorsqu’il a écopé d’un second carton rouge en deux matches, à l’occasion du barrage aller face au PSG. Le Russe a ainsi manqué le match retour en plus de la rencontre contre Lens en Ligue 1. Deux cartons évitables et un comportement qu’il doit rectifier, en référence au rouge reçu contre Nantes (il a applaudi l’arbitre en signe de protestation, NDLR) et des doutes qu’il doit effacer : « J’ai senti qu’à certains moments il pouvait aller au duel et il était un peu tiraillé sur le fait de mettre le pied ou pas », évoquait Pocognoli par rapport au dernier match contre Angers.

Lors de cette rencontre, Golovin a offert une nouvelle passe décisive et il confirme aussi son regain de forme dans cet aspect, puisqu’il en a signé quatre sur les trois derniers matches auxquels il a pris part. De quoi gonfler un peu ses statistiques, qui restent cependant très en dessous de ce qu’il est capable de donner. Car à titre de comparaison, en ayant été décisif sept fois jusqu’ici (deux buts et cinq passes), il l’est moins que le jeune Mamadou Coulibaly (trois buts et cinq passes), un profil pourtant plus défensif. Plus que jamais, les dix prochains matches seront importants pour confirmer que l’ancien du CSKA Moscou, à bientôt 30 ans, est réellement en train de monter en puissance et qu’il peut regagner son influence dans l’animation collective.

Simon Adingra, une adaptation express

Arrivé cet hiver en prêt en provenance de Sunderland, l’ailier ivoirien de 24 ans a déjà été décisif à plusieurs reprises, puisqu’il compte trois buts en sept matches, et cela traduit une bonne adaptation de sa part. S’il n’a pas réussi tous ses matches, passant notamment au travers contre Paris ou contre Lens, son explosivité et sa polyvalence sont des atouts qui ajoutent une option tactique intéressante à l’ASM de Pocognoli. C’est son entrée en jeu, au poste de piston gauche, qui a servi de détonateur contre Angers et mis le club de la Principauté sur de bons rails. Car en plus d’être buteur, le Champion d’Afrique 2023 a apporté de la verticalité et aussi plus de largeur.

« Il est imprévisible dans ses dribbles, donc forcément compliqué à défendre, complimentait le technicien belge. Sa capacité à aller en un contre un nous apporte beaucoup. Il se projette vite et il a aussi le sens du but. » Des qualités de percussion qui faisaient défaut à l’ASM en première moitié de saison, notamment car l’utilisation d’Ansu Fati a finalement été bien différente de celle imaginée au moment de son arrivée. On ne sait pas encore s’il restera à Monaco la saison prochaine, avec une option d’achat qui s’élève à 17 millions d’euros et qui risque de s’avérer trop conséquente, mais son profil pourrait encore rendre de bons services au club du Rocher.

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