Arrivé à l’AS Monaco avec un statut d’international chevronné, passé par de grands clubs et notamment le Bayern Munich, Eric Dier a fortement déçu cette saison. Ses prestations sportives n’ont que trop rarement été à la hauteur quand elles n’ont pas carrément inquiété. Mais l’Anglais de 32 ans, qui est apparu à 12 reprises depuis sa signature, n’a surtout pas pu se développer véritablement au sein du club de la Principauté, la faute a plusieurs blessures et rechutes.
Touché aux ischio-jambiers mi-octobre, quelques jours avant le premier match sur le banc de Sébastien Pocognoli à Angers, Dier a été ensuite victime d’une lésion à un mollet un mois plus tard. Avant de rechuter aux ischios fin janvier, contre Le Havre (0-0, le 24 janvier). « Il connaît une saison frustrante, aussi bien pour lui que pour moi car il n’a pas eu l’occasion de beaucoup jouer sous mes ordres », a reconnu le coach monégasque en conférence de presse mercredi.
L’ancien de Tottenham et du Sporting Portugal a retrouvé le groupe juste avant la trêve lors du déplacement à Lyon mais il est resté deux fois sur le banc de touche, y compris face à l’OM. Il faut dire que la dynamique et les résultats obtenus sans lui vont dans le sens de son entraîneur, qui a dû imaginer des solutions en l’absence de nombreux joueurs, et non du sien. « Eric est un grand compétiteur, sa carrière parle pour lui, donc je peux imaginer qu’il y a de la frustration parce que tout joueur veut jouer, a confié Pocognoli. Mais il est clairvoyant sur la situation actuelle et sur le fait d’être patient. »
Un apport indéniable dans la vie de groupe
Si Dier est sans doute le plus frustré par cette situation et qu’il doit ronger son frein, il n’en laisse rien paraître. « Dans chaque situation, il y a une attitude à adopter et s’il est frustré, on ne le voit pas d’une manière négative parce qu’il est investi à l’entraînement et guide ses coéquipiers », a révélé son entraîneur. Mais le Belge a aussi bien conscience qu’il va être confronté à un casse-tête dans ce sprint final. Car si les garanties sportives ne sont encore au rendez-vous le concernant, l’international aux 49 sélections dispose d’un statut dans le groupe et pèse déjà dans le vestiaire. « C’est un joueur exceptionnel, commentait Denis Zakaria à son sujet. Ce qu’il apporte dans le groupe c’est assez fou. Il transmet une sérénité par son professionnalisme qui est incroyable. »
Lorsque le bateau tanguait cet hiver, Dier a notamment été l’un des instigateurs d’un grand repas d’équipe, pour souder les joueurs entre eux, et il n’est pas rare qu’il en invite certains chez lui. Déjà sous Adi Hütter, il avait été intégré au groupe des capitaines et il embrasse pleinement ce rôle de guide au sein du groupe. Ce n’est pas donc pas un joueur arrivé sur la pointe des pieds à qui Pocognoli à affaire, lui qui doit aussi prouver que sa toute jeune expérience ne constitue pas un frein en matière de gestion de groupe sur la durée. « Peu importe la situation, il faut essayer d’être cohérent dans l’approche qu’on a au quotidien avec les joueurs, rassurait l’ancien technicien de l’Union Saint-Gilloise. Je ne vais pas prêter plus d’attention à un joueur qui est titulaire qu’à un autre qui commence sur le banc. »
Mais il est forcément amené à ménager la chèvre et le chou concernant son défenseur central, même si les résultats lui donnent raison : « J’essaye d’être le plus rationnel dans mes explications et tant que je suis cohérent, cela facilite les échanges. Mon expérience d’ancien joueur peut aussi m’aider car je sais ce que la frustration peut engendrer. » Surtout qu’en plus de Dier, d’autres joueurs attendent aussi leur tour comme Christian Mawissa, qui présente en revanche l’avantage d’être polyvalent et de pouvoir jouer à gauche en attendant qu’une place se libère dans l’axe.
Mais à l’image d’un Paul Pogba, dont les apparitions ont été faméliques depuis le début de la saison, l’apport de Dier ne se cantonne pas au seul terrain, et en attendant de le retrouver, il peut aussi donner de la voix depuis le banc de touche, où il devrait encore être placé ce vendredi contre le Paris FC. En attendant de saisir l’opportunité au moment où il sera relancé par son entraîneur : « Il nous reste six matches et on va avoir besoin d’Eric, ça c’est sûr et certain », promettait Zakaria. En attendant son tour, Dier pense déjà à demain.

